Financer son agence d'aide à domicile
, par La Main Tendue
Nos montants sont publiés sur la page investissement : un apport de 15 000 à 20 000 €, une enveloppe globale de 70 000 à 80 000 € (qui comprend le droit d’entrée de 20 000 € et la formation initiale de 8 000 €), et des redevances de 5 % plus 1 %. La question qui suit, au téléphone, est presque toujours la même : comment on trouve le reste. Voici ce qu’on répond, avec les règles telles qu’elles s’appliquent en septembre 2026.
Sans apport, on n’ouvre pas
« Franchise aide à la personne sans apport » fait partie des recherches qui mènent jusqu’à ce site, et la réponse tient en une phrase : chez nous, ce n’est pas possible, et nous ne connaissons pas de banque qui le ferait pour une agence comme les nôtres.
Selon les cas, l’apport représente de 19 à 29 % de l’enveloppe. C’est la part que la banque veut vous voir engager avant de prêter la sienne, parce qu’elle juge un projet d’abord à ce que son porteur est prêt à y mettre. Il n’a pas besoin de sortir entièrement de votre épargne, et c’est tout l’objet de ce qui suit : une partie peut venir d’un prêt d’honneur, une autre de vos droits au chômage si vous en avez.
Le prêt d’honneur compte comme un apport
Le réseau Initiative France, qui compte plus de deux cents plateformes locales, accorde des prêts d’honneur de 3 000 à 50 000 €, à taux zéro et sans garantie, pour un montant moyen de 10 000 €. Le prêt est fait à la personne (à vous, donc, et non à la société), précisément pour renforcer votre apport.
Selon Initiative France, pour un euro de prêt d’honneur accordé, les banques prêtent en moyenne 9,50 € à côté. Le dossier passe devant un comité local, qui reçoit le porteur de projet et lui pose ses questions (pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils présentent leur projet à des gens qui ne les connaissent pas).
Réseau Entreprendre accorde lui aussi des prêts d’honneur, avec ses propres conditions. Et Bpifrance comme France Active peuvent garantir une partie du prêt bancaire d’une entreprise en création, ce qui rassure la banque sur le risque qu’elle prend.
Si vous êtes demandeur d’emploi
Deux possibilités s’offrent à vous, et elles ne se cumulent pas.
La première consiste à garder votre allocation chaque mois, en tout ou en partie selon ce que vous vous versez, jusqu’à épuisement de vos droits. C’est ce qui permet de tenir la première année sans vous verser de salaire, et c’est souvent la situation d’un dirigeant d’agence au démarrage.
La seconde est l’aide à la reprise ou à la création d’entreprise, l’ARCE : France Travail vous verse en capital 60 % de vos droits restants, moins 3 % retenus pour les retraites complémentaires, en deux fois (la moitié au démarrage, l’autre moitié six mois plus tard si l’activité continue). Avec 20 000 € de droits restants, cela fait 11 640 €, dont 5 820 € tout de suite. Ce capital peut renforcer votre apport, et la banque le regarde comme tel.
L’ARCE suppose d’obtenir l’Acre, l’exonération partielle de cotisations de la première année. Depuis le 1er janvier 2026 l’Acre n’est plus automatique : elle se demande à l’Urssaf au plus tard soixante jours après l’ouverture de l’activité, elle est réservée à certains publics (dont les demandeurs d’emploi), et pour un dirigeant de société l’exonération est désormais plafonnée à 25 % des cotisations, alors qu’elle pouvait être totale auparavant. Les dates comptent donc, et c’est une conversation à avoir avec votre conseiller France Travail avant même de créer la société.
Entre les deux options, il n’y a pas de bonne réponse générale : tout dépend de ce qu’il vous reste en droits, et de ce que votre foyer peut supporter sans salaire pendant les premiers mois.
Le dossier que lit votre banquier
Un banquier finance plus volontiers une enseigne qui a déjà des agences ouvertes qu’un projet isolé, à condition de pouvoir le vérifier. Il le vérifie dans le document d’information précontractuelle, le DIP, que la loi impose au franchiseur de vous remettre avant toute signature : le nôtre fait 115 pages, et il contient entre autres les comptes annuels de la tête de réseau sur ses deux derniers exercices, la liste des agences, l’état du marché local et une copie du contrat. Vous le signez en cinquième étape, avant le financement, et le signer n’engage à rien.
S’y ajoute l’étude locale de marché que nous réalisons avant votre engagement, qui chiffre la demande sur votre secteur : c’est la pièce que le banquier rapproche de votre prévisionnel. Nous vous aidons à monter le dossier, et c’est vous qui le présentez au rendez-vous.
Où se place le financement
Le détail des montants, et ce que recouvre l’enveloppe (le local, l’équipement, le véhicule réfrigéré pour les repas, la trésorerie des premiers mois), est sur la page investissement. Le financement arrive en sixième position dans les douze étapes, après la journée découverte et la signature du DIP, ce qui laisse le temps de monter un prêt d’honneur sans courir.